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terça-feira, 7 de julho de 2015

Bénin : "On a construit un musée parce qu’on a confiance en l’avenir", selon Marie-Cécile Zinsou

"On ne crée pas un musée quand on a 21 ans, qu’on n’y connaît rien", explique la présidente de la Fondation Zinsou, Marie-Cécile Zinsou. Elle crée alors une fondation et en novembre 2013, elle ouvre un des premiers musées d’art contemporain en Afrique de l’Ouest à Ouidah, au sud-ouest du Bénin. A l’occasion des 10 ans de la création de la Fondation de la famille Zinsou, même si "l’heure du bilan n’est pas encore venue", l’ouverture de ce lieu est un aboutissement.

Le musée Zinsou, à Ouidah (Copyrights : Jean-Dominique Burton)


A Ouidah et à Cotonou,

Ce qui surprend immédiatement les visiteurs, en arrivant au musée Zinsou à Ouidah, outre le bâtiment à l’architecture afro-brésilienne de la Villa Adjavon [1] qui l’abrite, c’est la gratuité de l’entrée. Comme sa salle d’exposition de Cotonou, le musée de la Fondation Zinsou se visite sans frais. Au Bénin où la découverte du moindre lieu historique est l’objet de tractations à but lucratif, c’est rare, et cela témoigne de la volonté de la famille Zinsou de faire rencontrer l’art contemporain et le public béninois.


Cette idée est aussi à l’origine de l’acquisition en 2009 d’un bus pour faciliter le transport des enfants de la région jusqu’au musée. Cette initiative s’est réalisée en collaboration avec près de 300 établissements scolaires. Plus de 66 000 jeunes béninois ont été pris en charge de cette façon jusqu’aux lieux d’exposition de la Fondation Zinsou, notamment à Ouidah.

« On construit un musée parce qu’on a une confiance totale dans le futur, je pense que c’est cela qui explique l’émergence des musées en Afrique. Je ne pense pas que c’est parce qu’on est héritier d’une tradition, mais c’est parce qu’on a confiance en l’avenir », justifie alors Marie-Cécile Zinsou, la présidente de cette fondation familiale qui est le fruit de son engagement.

Masque Guélédé de Kifouli Dossou (Copyrights : Jean-Dominique Burton)
« On a cherché ce qu’il y avait au présent et ce qu’on voulait faire dans l’avenir »

La création de ce musée d’art contemporain, un des premiers en Afrique de l’Ouest, est l’aboutissement d’un travail qui débute en 2005. « On ne crée pas un musée quand on a 21 ans, qu’on n’y connaît rien et qu’on n’a surtout pas d’œuvres à conserver », indique Marie-Cécile Zinsou. « On a créé une fondation avec un espace d’exposition et au bout de huit ans, on a créé un musée parce qu’on avait un lieu, on avait des collections et des personnes qui savaient gérer ».

Glele de Cyprien Tokoudagba qui a représenté les emblèmes du roi Glele du royaume du Dahomey (Copyrights : Jean-Dominique Burton)

Une sélection d’œuvres de la collection de la famille Zinsou est exposée dont celles de Romuald Hazoumé, un artiste qui a accompagné le travail de la Fondation depuis sa création, et de Cyprien Tokoudagba, deux grands noms de l’art contemporain béninois. Des artistes sud-africains, éthiopiens, nigérians et ougandais sont aussi exposés dans ce lieu qui matérialise la réalité de l’art contemporain africain. Traditions et messages politiques se mêlent et participent à l’expression d’une réalité brute, à travers des réalisations percutantes qui se veulent être le reflet de l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.


Œuvre de Bruce Clark (Copyrights : Jean-Dominique Burton)

La ville de Ouidah au sud-ouest du Bénin est devenue un haut lieu de la commémoration de l’esclavage. La porte de non-retour qui fait face à l’océan a été, durant des dizaines d’années, franchie par des milliers d’esclaves en partance pour les Amériques. Depuis novembre 2013, la ville accueille le musée qui apparaît comme un trait d’union entre le passé et l’avenir du pays. « Il y a une émergence réelle des lieux aujourd’hui mais elle n’existait pas quand on a commencé. On a cherché ce qu’il y avait au présent et ce qu’on voulait faire dans l’avenir », selon Marie-Cécile Zinsou.

Cette avenir semble sourire à la fille du nouveau Premier ministre béninois Lionel Zinsou, qui se projette déjà dans de nouveaux projets avec comme objectif la sauvegarde du patrimoine.

Marie-Cécile Zinsou, avez-vous envie d’ouvrir d’autres musées ? :


La Villa Adjavon, érigée en 1922, est l’un des témoignages majeurs de l’élaboration d’un langage architectural original nourri de syncrétisme : le style afro-brésilien. Un an de travaux a été nécessaire pour restaurer cette édifice du patrimoine de Ouidah.


fonte: @edisonmariotti #edisonmariotti
http://www.afrik.com/benin-on-a-construit-un-musee-parce-qu-on-a-confiance-en-l-avenir-selon-marie-cecile-zinsou

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