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sábado, 3 de janeiro de 2015

Beaux-livres : des Rouart à Nicolas de Staël



Par Marc-Emile Baronheid - Bscnews.fr/ Une sélection pour éclairer ses soirées au coin du feu...

Pas que des lettres

D’Ampère à Volta, voici cent lettres mêlant les mots et les images. Elles sont issues de l’inépuisable ( ?) fonds du Musée des lettres et manuscrits à Paris. Si les noms de Berlioz, Dali, Le Corbusier, Musset sont connus, d’autres le sont moins, tel celui de Gutzon Borglum, sculpteur qui a réalisé dans le granit du Mont Rushmore les portraits de quatre grands présidents des Etats-Unis. De Lewis Carrol, on découvre une lettre-rébus d’anniversaire transmise à une petite fille de 7 ans. Marie Laurencin, en exil pendant la Grande Guerre, écrit à son pygmalion Henri-Pierre Roché et lui présente trois toiles inédites. Ailleurs, une lettre du graveur Célestin Nanteuil, illustrée de cinq croquis, adressée à la comédienne Marie Dorval, dont il est le soupirant mortifié. Ce sont encore des aquarelles poétiques de Manet, un rapport topographique de Maupassant à Flaubert …. Tout le volume est à l’avenant : inattendu, insolite, passionnant.

« L’Or des manuscrits », Christel Pigeon, Gérald Lhéritier ; avec la collaboration de Pascal Mateo et Jean-Noël Mouret, Gallimard/Musée des lettres et manuscrits, 29 euros


Pour la discrétion c’est raté.

Les chiens ne font pas des chats, mais ils chassent de race. Les Rouart, illustre famille de collectionneurs et de mécènes ont aussi compté parmi eux des peintres : Henri Rouart (1833-1912), son fils Ernest et son petit-fils Augustin, père de l’écrivain et académicien Jean-Marie Rouart (lire le BSC News n° 72), que l’on retrouve enfant dans nombre de tableaux. Particularité de cette dynastie : loin d’avoir tout fait pour être connus, ses membres seraient presque suspectés d’avoir voulu rester inconnus. La curiosité du siècle nouveau les a débusqués, un critique allant jusqu’à considérer la famille Rouart comme « les Médicis français ». Un ouvrage est adossé à l’actuelle exposition de Nancy. Il illustre une symphonie artistique en trois mouvements, témoigne d’un rayonnement intellectuel connu des seuls initiés et dévoile la portée considérable d’œuvres conçues dans le cadre d’une aventure intérieure, secrète et fervente.

« Les Rouart – De l’impressionnisme au réalisme magique », Dominique Bona, Gallimard, 35 euros. L’exposition du même nom est montrée au Musée des Beaux-Arts de Nancy jusqu’au 23 février 2015 (www.mban.fr)


L’autre lumière de Nicolas de Staël
L’excellent MuMa (Musée d’art moderne André Malraux) du Havre a consacré une lumineuse exposition rétrospective à la place du paysage dans l’œuvre de Staël. Elle a pris fin le 9 novembre. Tous les malheureux qui l’ont manquée trouveront à la fois une consolation et l’occasion d’aviver leurs regrets, dans le catalogue publié pour la circonstance. Il est précieux. On sait l’importance que le paysage occupa dans les trois dernières années de la vie du peintre. L’évoquant, il est tentant de ne penser qu’aux lumières fulgurantes des régions méditerranéennes. Ce serait faire peu de cas de l’autre lumière présente et marquante chez Staël, celle, changeante et riche de tant d’autres miroitements, des côtes de la Mer du Nord et de la Manche. C’est à cette « liquide mobilité » que l’ouvrage rend hommage, renvoyant comme un écho des pages que Proust lui consacra dans La Recherche. Quelques analyses et contributions de haute pertinence accentuent l’intérêt du volume. On retiendra en premier celles de Virginie Delcourt et Michel Collot. Gustave de Staël, fils de Nicolas, pose une question dont le lecteur se réjouira de trouver au gré des pages la réponse, fulgurante et évidente : « Comment un tel rayonnement peut-il provenir d’un astre mort ? ».

fonte: @edisonmariotti #edisonmariotti http://www.bscnews.fr/201412304390/Les-Beaux-Livres/beaux-livres-des-rouart-a-nicolas-de-stael.html
« Nicolas de Staël. Lumières du nord/lumières du sud », Gallimard/MuMa, 29 euros

Le musée des Arts d'Afrique et d'Asie profite de l'hiver pour préparer le printemps


Le musée de demain est en marche. En mars, deux tablettes compléteront deux vitrines et un contenu enrichi sera également proposé aux enfants. Pendant l’hiver, le musée des Arts d’Afrique et d’Asie se modernise.


Une tablette permettra d’expliquer l’histoire de la statuette.? - Photos Marie Collinet







Elles sont partout. Avec clavier ou sans, spécialement conçues pour les enfants. Les tablettes s'affichent même dans les musées et ce sera bientôt le cas dans celui des Arts d'Afrique et d'Asie.

Marie-Line Therre profite de la fermeture hivernale (du 1 er novembre au 1er mai) pour finaliser son projet multimédia.

L'idée, elle l'avait déjà en 2008 mais, à l'époque, les bornes étaient assez imposantes, et surtout chères. Depuis, les tarifs sont plus accessibles et les tablettes plus faciles à intégrer dans une muséographie.Trois étudiants réalisent un complément numérique

« Nous pourrons proposer beaucoup plus d'informations de manière pédagogique. Dans le musée, on vient pour voir de belles choses, mais aussi pour apprendre. Là, c'est un moyen d'avoir accès à plus d'informations. Mais c'est aussi une façon de réduire la fracture numérique. Ici, les personnes plus âgées qui n'ont pas toutes l'habitude du tactile pourront manipuler les tablettes. On mettra sans doute quelques conseils d'utilisation. Mais cela doit être intuitif et la mise en forme simple. »

Et c'est justement la mission de trois étudiants du Pôle Lardy, en deuxième année de DUT métiers du multimédia et d'Internet. La médiatrice culturelle leur a fourni de nombreuses informations sur deux vitrines et ils doivent réaliser et concevoir les applications qui seront visibles sur les tablettes fixées à proximité des vitrines. L'une expliquera notamment comment une statuette originaire de République démocratique du Congo est arrivée à Vichy. Une autre tablette sera installée à côté d'une vitrine qui présente des instruments de musique de Madagascar. « Pour les instruments, les visiteurs pourront écouter des morceaux, découvrir l'influence occidentale sur les fanfares de Madagascar, etc. » Et s'il y a trop de monde sur les tablettes, des flash codes seront installés pour ceux qui ont des smartphones.

Ce projet s'adressera aux adultes, mais Marie-Line Therre n'oublie pas les enfants, un public qu'elle a appris à connaître au court des visites pour les scolaires. « Pour faire quelque chose pour eux, je dois trouver un concepteur. »

Pour le moment, le projet ne concerne que deux vitrines, mais Marie-Line Therre déborde d'idées. « Nous pourrions faire quelque chose de numérique pour les enfants sur les masques. Le but serait d'apprendre que la beauté est différente suivant les cultures. Ils pourraient prendre différentes parties d'un masque pour créer leur beauté idéale. »


Le musée continuera à proposer des ateliers, « car ça intéresse toujours les enfants et même les parents et les grands-parents ».Si elle est convaincue de l'utilité du multimédia qui n'est pas forcément numérique, elle veut que l'exposition puisse continuer à vivre seule.

Pendant la période hivernale, Marie-Line Therre fait appel à Christophe Darbelet, un photographe professionnel, pour numériser les pièces du musée. « Avant, je le faisais ou je demandais aux stagiaires de s'en occuper. Là le résultat sera professionnel », explique la responsable du musée.

Un des buts de cette numérisation est de participer à la base Joconde du ministère de la Culture. Il s'agit d'un catalogue des collections des musées qui est accessible en ligne et gratuitement. Une explication accompagne les visuels. « Ce catalogue en ligne est accessible à tous. C'est important que des gens de partout puissent avoir une idée de nos collections », précise Marie-Line Therre.

Le catalogue regroupe plus de 500.000 notices d'objets de toute nature valorisées par des parcours thématiques, des zooms et des expositions virtuelles.
fonte: @edisonmariotti #edisonmariotti http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/allier/vichy/2015/01/01/pendant-la-periode-de-fermeture-au-public-un-contenu-multimedia-est-cree_11277837.html
Marie Collinet