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segunda-feira, 21 de setembro de 2015

Un musée est toujours source de découverte et d'étonnement. - Jamil Molaeb, son musée, la mer, les pinèdes et chênaies« Ici, dans cet espace, entre baies vitrées et murs, j’ai exposé mes œuvres les plus actuelles et les plus représentatives.

Une grande bâtisse blanche en pierre bouchardée face à une vallée. L'établissement, flambant neuf avec ses 1 000 m2, ses quatre étages, ses 45 toiles et ses 25 sculptures, a ouvert ses portes à Baïssour.


Dépassé la grille en fer forgé blanche frappée des motifs animaliers (oiseau, serpent, renard, gazelle..) qui habitent ses toiles, Jamil Molaeb, formé à l'école de Paul Guiragossian, Aref Rayess, Amine el-Bacha, Rafic Charaf et Halim Jurdak, désigne l'entrée du musée. Une quinzaine de ses mosaïques tapissent les murs de la cour extérieure et une trentaine de ses sculptures font les vigiles sous les spots. Ensemble de garde rapprochée jalousement ombragée par des pins parasols, des chênes et des noyers. La façade de la bâtisse (conçue par Georges Obeid avec l'intervention active de l'artiste) émerge sur fond d'une nuit épaisse, voilée par cette poussière collante et jaunâtre qui a entièrement saisi, comme une biblique sept plaies de l'Égypte, le pays du Cèdre.

Au cœur de Baïssour, une bourgade du caza de Aley composée de plus de 12 000 habitants, Jamil Molaeb, à 67 ans, béret vissé sur ses cheveux blancs comme neige tel un peintre montmartrois ou basque, vétéran de la palette, du pinceau, du chevalet et du burin (presque un demi-siècle voué à l'art), a érigé un musée pour ses œuvres, mais l'écrin servira également, plus tard, à exposer d'autres œuvres pour d'autres artistes.

Œuvres talisman
Œuvres polymorphes et à l'inspiration multiple mais toujours nourries de la sève de la vie, des paysages, de la mer, des villes, des êtres.

Un constant et vibrant hymne à tout ce qui réjouit le cœur, les yeux et l'esprit. Pour une échappée belle. Vers le rêve, la tendresse, la chaleur humaine.

« Ici, dans cet espace, entre baies vitrées et murs, j'ai exposé mes œuvres les plus actuelles et les plus représentatives, dit-il en toute simplicité. Je n'ai pas opéré par thème ou ordre chronologique. Cela va de mon amour pour la mer à l'abstraction en passant par ces détails minimalistes que je scande en grandes ou petites toiles tel un talisman qu'on psalmodie, récitation obsessionnelle, mais selon une expression de dessin récurrent. Tel un motif inlassablement répété comme une danse incantatoire. 

C'est ma litanie pour ma passion de la vie. Avec sa nature, sa végétation, sa flore, sa faune, son monde animalier, ses traditions, ses us et coutumes et son folklore, racine de notre quotidien. Avec, en plus, le chant et la mélodie des couleurs. 

Là j'ai exposé aussi sculptures en bois et pierre. De plusieurs périodes, notamment des années 70-80. Avec ce totem qui a fait démarrer en trombe ma carrière en 1966 au Salon d'automne du Musée Sursock. Acrylique, mixed media, bois gravé, pierre travaillée, encre, huile, gouache, fusain pastel, tout vit ici en un mariage libre, heureux. Ce cadre est pour l'épanouissement et le plaisir des œuvres qui ont jalonné mon parcours. 

Ce n'est pas un lieu de vente, mais un lieu de culture. Culture pour tout visiteur de (re)découvrir mon travail, tout en confessant aussi l'objectif d'une décentralisation de la capitale. 

La culture inclut aussi, à travers la salle du premier étage, ainsi que le rez-de-chaussée transformé en coulisse pour les artistes, concert (comme celui de musique de chambre inauguré par mon fils Ribal violoniste, avec sept autres musiciens), théâtre, danse, spectacle, conférence... Un lieu ouvert, certes conçu préalablement mais où bien de choses sont un peu à l'avenant. Un avenant bienvenu qui a servi nos plans pour s'exprimer librement. 

D'où le choix des tableaux qui ornent les murs, illustrations tirées des préoccupations campagnardes tels les apprêts pour un mariage, la fièvre des vendanges, le branle-bas pour les récoltes et la conviviale fabrication de la mélasse... »

Quelques pas sur le béton de l'entrée bordée par la bienveillance des arbres aux feuilles qui frissonnent. Les mosaïques retraçant la vie au village scrutent l'horizon et les sculptures en pierre ont des éclats laiteux sous la lumière des lampes dardées sur leur protubérance et leurs angles lisses comme des dos de serpent.
À l'intérieur, une fois poussée la lourde porte en bois du deuxième étage, surgit le flot marmoréen et éclatant de blancheur du plancher. Et l'on retrouve les grandes toiles où pépient les oiseaux, où s'éclatent les coquelicots rouges comme des cerises mûres, où un paysage de Baïssour vu de loin se prélasse entre brume et soleil, où les toits des médinas du Maghreb et de Fès font du coude-à-coude, comme des flots qui se pressent et que nul n'endigue... Un monde grouillant d'images où, parfois, la couleur est monochrome avant de se bousculer en une myriade de détails foisonnants comme une parole qu'on ne peut plus arrêter...

Entre fenêtres en ogives et baies à horizon perdu, règne de la mer. Des randonnées de Khaldé, Jbeil, Tripoli et d'autres coins du monde, les plages ont sur les toiles des résonances et des appels de bonheur, de sérénité, de paix, d'évasion, de liberté.

Au denier étage, la mezzanine, un atelier du peintre sous verrière conique. S'infiltre la lumière dès le lever du soleil, y scintillent les étoiles la nuit sous un éclairage arc-en-ciel qui change au gré des jours de la semaine... Mais place au chevalet et à une toile que l'artiste finit en toute bénéfique solitude. Peut-être sous le regard du public... Qui sait ? Un musée est toujours source de découverte et d'étonnement.

fonte: @edisonmarioti #edisonmariotti http://www.lorientlejour.com/article/944484/jamil-molaeb-son-musee-la-mer-les-pinedes-et-chenaies.html

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